Redressement judiciaire et faillite de la Nymphea’s Factory : explications

Mise en contexte à lire maintenant avant d'aller plus loin

Si vos yeux se posent sur ces lignes, c’est que vous cherchez quelques explications, soit sur notre situation, soit sur les procédures qui surviennent pour une entreprise en difficulté. Une petite mise au point s’impose avant de poursuivre   :

  • Je vais tenter de relater les faits de manière objective,
  • Je vous spoile la fin, c’est pas encore fini, la procédure ne fait que commencer alors il va y avoir un tome 2 a cet article et peut être tout une série, qui sait ???

But de l’article : vous expliquer une procédure juridique mais aussi ce que cela implique dans la vie d’entrepreneurs, les choix qui nous ont conduit là. Nous espérons ainsi que notre expérience vous permettra d’éviter cela ou de savoir réagir en cas de difficultés.

Notre redressement judiciaire

Comment nous sommes nous retrouvés ?

2012

Naissance de la Nymphea’s Factory 

Par 2 fous de création, 2 passionnés à la vie à la construction qui décident de transformer en entreprises les passions multiples qu’ils ont et de tout lâcher pour cela. 

Tout commence par une autoentreprise de traiteur et une autoentreprise de bijoux.

2015

Création de la Nymphea’s Factory SARL 

A force de travail et chance, de rencontres et de sueur, d’un peu de génie de la part d’Amélia et d’un nombre assez élevé de nuits blanches nous avons réussi à atteindre notre but : devenir une véritable agence d’évènementielle et de création de décors.

2017

Nymphea’s Factory Hors les Murs 

Nous poursuivons notre évolution, maintenant nous n’avons plus assez de 4 mains pour poursuivre – alors nous mettons en jeu nos 5 ans d’économie pour prendre 2 locaux : un bureau pour accueillir notre future équipe et un entrepôt juste en bas de notre appart’ pour louer nos décorations.

A ce moment, notre chiffre d’affaire, créé à 2, couvre l’intégralité de nos charges. Nous ne réalisons  par contre plus de bénéfice. Notre calcul est alors assez simple, si nous sommes à l’équilibre à 2, nous ne pourrons que performer à 3 puis exploser à 5 personnes !

Seulement l’histoire ne s’est pas déroulée exactement comme cela…

Les difficultés d'une entreprise en difficulté

2019 : Le Nénuphar perd ses pétales

A. CAUSES EXOGÈNES

a. LA TYRANNIE DE LA CROISSANCE 

L’entreprenariat, à notre niveaux (TPE/PME) n’accepte pas la stagnation. Il faut sans cesse créer de nouveaux projets, réaliser de nouvelles expériences, proposer des nouveautés et c’est pour répondre cette exigence que nous avions choisi de prendre des locaux. Un pari qui semblait maitrisé car les charges correspondait alors à notre CA, réalisé à 2 – nous pensions donc que le recrutement d’une équipe nous permettrait de passer ce nouveau cap. Mais cela n’a pas été le cas et l’amoncellement des difficultés c’est accélérés car nous n’étions alors plus assez imaginatifs, ou ne créions plus suffisamment de contenus et de projets.  

Il n’empêche que les locaux nous ont quand même permis de réaliser 2 projets absolument gigantesques  : décorer le village de Noël de CSF avec HEMA…

…Et notre mariage !

b.  MODIFICATION DE LA CROISSANCE ET BAISSE DU POUVOIR D’ACHAT 

Consommer moins, consommer mieux. Il s’agit de valeurs auxquelles nous adhérons. Mais nos principaux clients sont des marques de grandes distributions et en majorité, ils subissent des difficultés. Donc à quoi bon financer des campagnes de communications quand les consommateurs visés n’achètent plus ? Par choix ou par nécessité économique… 

B. CAUSES ENDOGÈNES

a.  ENTREPRENEUR ≠ ENTREPRENEURS 

Cette petite lettre peut sembler anodine, en tout cas pour moi c’était le cas. Seulement j’ai compris dernièrement qu’un entrepreneur aura quasiment OBLIGATOIREMENT plusieurs société -> Ce qui implique que les projets précédents ont été liquidé. 

J’ai compris un peu tard que de nombreux entrepreneurs réussissent à voir leur société comme un business. Ça ne veut pas dire qu’ils ne soient pas passionnés ou de véritable accrocs au boulot, mais si ce business s’écroule ou s’il devient tellement puissant qu’il suscite un rachat, ils sont prêt à l’abandonner pour passer à un autre projet.

Moi je vois la Nymphea’s factory comme mon bébé. Le feu qui m’a fait vibré, qui m’a appris les joies de l’entreprenariat, des chalenges, des expériences de dingues et ainsi si le feu semble s’éteindre, je soufflerais dessus jusqu’à en perdre l’usage de mes poumons. 

b.  APPRENDRE À VIVRE POUR SOI 

Un objectif de grandir était de permettre de « lisser » l’activité et ainsi nous permettre de poursuivre notre évolution et nos projets mais sans y consacrer toute notre vie. Car la passion c’est top, mais un moment, travailler plus de 70h pour sa boite, c’est pesant. 

Mais plus grave que la simple fatigue, cet épuisement c’est surtout senti pour Amélia car elle a à sa charge toute la partie créative. Pourtant vous pouvez me croire (et ceux qui l’ont côtoyé ne pourront que valider ce que je dis) c’est une sacré boite à idée !!! Je ne sais pas si vous vous souvenez d’une pub de la SNCF (cliquez ICI pour la voir) mais j’ai l’impression que notre appart et notre local est emplit mais alors à craquer de petites idées qui déambules ça et là, qui se parlent, se rentrent dedans, font des parties de tarot et certaines d’entre elles vont grandir, grandir jusqu’à devenir de beaux projets. 

Seulement avec cet épuisement, la boite à idée était en phase de se tarir et d’être remplacée par une somme d’idées noires. 

c.  N’EST PAS MANAGER QUI VEUT ! 

Une caractéristique de l’entrepreneur est d’être multicasquettes. Lorsque surgit une difficulté, si tu ne peux pas déléguer, il te faut trouver un moyen de te former pour répondre au problème et le solutionner. Sauf que cette fois, nous n’avons pas réussi ce challenge. L’équipe et l’ambiance friendly et motivante que nous rêvions de créer n’a jamais pu voir le jour. Et comme embaucher coûte très cher, nous n’avions pas suffisamment d’économie pour retenter l’expérience. Nous avons eu par la suite des stagiaires absolument incroyables, des vraies petites pépites, mais a peine avions eu le temps de les former qu’elles partaient déjà vers de nouvelles aventures. 

Redressement judiciaire, Quesako ???

Cette partie à été rédigé par une petite Nenuflows qui est très très forte en procédure collective, mais qui préfère rester anonyme, nous l’appelerons donc :

La Nenuflow Masquée

Au cours de la vie d’une société, il peut arriver que les difficultés de la vie des affaires conduisent à des difficultés devant lesquelles les entrepreneurs se trouvent acculés. Ainsi, sans que le Droit ne soit capable d’épancher les difficultés psychologiques que peuvent susciter l’échec d’un tel projet, qui est souvent le fait de personnes formidables (n’est-ce-pas), il vient néanmoins accompagner les associés, dirigeants et créanciers au cours de cette période. L’on peut distinguer plusieurs étapes qui viennent jalonner cette période, de l’ouverture de la procédure collective, à son extinction en passant par son déroulement. 

Le droit des entreprises en difficulté arbore désormais cette appellation depuis que le « droit de la faillite » a été jugé trop péjoratif à l’égard des entrepreneurs. En effet, les procédures collectives ne sont plus perçues comme de simples sanctions par le Droit, qui cherche au contraire à accompagner et à ménager les intérêts en présence. N’oublions pas que chacun peut se trouver à la fois débiteur ( celui qui doit) et créancier (celui à qui l’on doit). Il n’est pas rare en effet que les difficultés de l’une entraine les difficultés de l’autre. Aussi, ne faut-il pas y voir une matière à l’esprit binaire, opposant les uns et les autres. 

L’on peut distinguer classiquement les procédures dites « préventives » et les procédures judiciaires. D’une part, les premières correspondent à la conciliation et au mandat ad hoc. L’intérêt de ces dernières est qu’elles sont ouvertes alors même que la société ne se trouvent pas encore en état de cessation des paiements. En substance, elles permettent au dirigeant d’entreprise de négocier – de façon confidentielle et à l’amiable – ses dettes, au côté d’un mandataire ad hoc ou d’un conciliateur. L’intérêt de ces procédures est à souligner pour ceux qui éprouvent des difficultés car elles peuvent à la fois aider à redresser la situation avant qu’elles ne deviennent potentiellement irréversibles et dans la même veine, éviter l’ouverture d’une procédure judiciaire, une procédure collective.         

En revanche, dès le moment ou la société n’est plus en mesure d’assumer ses dettes (son passif exigible) avec son actif disponible, l’on dit alors qu’elle est en état de cessation des paiements. Elle doit alors déposer le bilan et demander l’ouverture d’une procédure collective. Celles-ci sont au nombre de trois : la sauvegarde, le redressement judiciaire et la liquidation de même nature. 

A. L’OUVERTURE D’UNE PROCÉDURE COLLECTIVE

Si le critère décisif pour l’ouverture d’une PCO (on peut se permettre les abréviations maintenant 😉 ) est l’état de cessation depuis plus de 45 jours, la procédure de sauvegarde est un peu au droit des entreprises en difficultés ce que l’oscillococcinum est à la grippe : dès les premières symptômes, on file en faire une bonne cure ! Il faut dire que généralement, une telle procédure est ouverte à la suite d’un échec d’une conciliation ou d’un mandat ad hoc (c’est bon, vous suivez toujours ? Pour faire simple, si le grog de mamie n’a pas fonctionné, on passe au stade au-dessus). D’ailleurs, seul le débiteur peut en demander l’ouverture. 

En revanche, le redressement judiciaire (le RJ) et la liquidation judiciaire (LJ) s’ouvrent dès lors que le débiteur ne peut plus faire face à son passif exigible. La différence tient à ce que dans le RJ, l’espoir d’un … redressement est toujours possible tandis qu’au contraire, une société en LJ se trouve dans une situation irrémédiablement compromise. 

Vient ensuite l’heure du jugement d’ouverture (JO). C’est un peu l’équivalent du premier rendez-vous. C’est lui qui conditionne toute la suite de la relation, enfin de la procédure. Le magistrat du Tribunal de commerce va d’emblée annoncer la couleur : entre la date de cessation des paiements et le JO c’est la période suspecte. Il va également désigner les acteurs à la procédure qui varient selon celle qui est choisie. Ainsi pour le RJ, le juge-commissaire va veiller au bon déroulement de la procédure, l’administrateur va être chargé de gérer l’entreprise et de préparer le plan de redressement et le mandataire judiciaire. Surtout, l’ouverture de la procédure a un effet important sur les créanciers : nonobstant le fait que ceux-ci aient dû déclarer leur créance au risque de l’avoir … dans le baba, il vient suspendre les poursuites, donnant un peu de souffle au débiteur en difficultés. 

B. LE DÉROULEMENT DE LA PROCÉDURE

Après la période suspecte, s’ouvre la période d’observation. L’on prend connaissance des difficultés afin de préparer un plan et de permettre au tribunal d’être éclairé sur la situation. Comme les meilleures choses sont aussi les plus courtes, cette période dure en principe 6 mois. Vient le moment décisif, le moment où l’on doit choisir si, au regard du bilan posé au cours des mois précédents on peut espérer quelque chose, ou on contraire, qu’il faut tourner la page et partant, mettre un terme au projet. 

Pour la sauvegarde et le redressement, l’on vient alors adopter un plan qui va venir organiser la poursuite de l’activité de la société et permettre d’échelonner le passif et généralement, une restructuration de l’entreprise. Sa durée ne peut excéder dix ans. Il peut arriver pendant le RJ que le juge-commissaire redistribue les pouvoirs de gestion entre le dirigeant et l’administrateur. 

C. LA CLOTURE

En matière de RJ, la clôture peut intervenir de plusieurs manières. Soit, un plan de continuation est décidée et adopté par le tribunal, soit le Tribunal arrête un plan de cession des actifs (fonds de commerce) et convertit la procédure en liquidation dès l’adoption du plan, soit l’administrateur recueille n’aucune offre de rachat satisfaisante et le tribunal convertit la procédure en LJ. 

En matière de LJ, la clôture intervient soit pour insuffisance d’actifs ou pour apurement du passif. Dans le premier cas, le liquidateur va désintéresser le plus de créanciers possibles. Les autres pourront poursuivre le dirigeant en cas de faute de gestion, on parle alors d’action pour insuffisance d’actifs. Dans le second cas, les créanciers sont tous désintéressés. 

D. LES ÉVENTUELLES SANCTIONS

Pour le dirigeant, elles peuvent être de trois ordres : patrimoniales, personnelles et pénales. D’abord, en matière patrimoniale, ce n’est qu’en cas de faute de gestion que le dirigeant peut être poursuivi. Ensuite, la faillite personnelle par exemple dans le cas d’une exploitation abusive déficitaire. Enfin, le tribunal peut encore prononcer une banqueroute. 

Le Jugement d'Ouverture (JO)

Amelia a pris la plume pour cette partie. 

Ça m’a pris toute mon énergie. Je me suis endormie direct après comme si tout le sommeil que je ne trouvais pas depuis des semaines c’était concentré.

A. ON VIENT D’ÊTRE APPELÉ EN SALLE DU CONSEIL

On est rentré,Derrière cette porte. Et tout a été étonnant.

3 juges, 1 procureur, 1 avocate et 2 observateurs. Te scrutent. Tu t’assois.

Tu n’as même plus peur, tu es dans l’arène de combat.

En fait tu n’as tellement pas le choix de te battre pour ton os. Que tu souris un peu bêtement. J’ai regardé par la fenêtre. Moi qui n’ai jamais réussi à aller à un examen, j’ai fais fort sur ce coup là.

Un peu comme dans kakfa je le vois comme l’examen d’une vie entière qu’on passe au crible. L’échec est donc celui de toute ma vie, de mon bébé, ce pour quoi j’ai tout donné.

Je suis sereine.

On se présente.

Ça va commencer.

B. LES PREMIERS ÉCHANGES

Ça commence fort, les questions sont incisives.

J’avoue j’ai le regard droit, mais en vrai il est dans le vide. Je suis tellement pas moi. J’ai l’impression d’être 10 ans en arrière, dans une robe noire, stricte. Je me sens terne.

Tellement terne. Mais y’a des obligations ou tu n’as pas le choix et heureusement qu’Élodie m’a prêté sa robe car je n’en avais pas.

Je regarde mes jambes. Partout tout est noir.

C’est pas moi.

Je les regarde eux aussi ils sont tout de noirs vêtus. Cette robe que j’ai rêvé longtemps de porter avant de vouloir donné vie à un nénuphar tout coloré.

Paul m’a dit avant de rentrer : s’il te font trop peur, imagine juste que ce sont tous des pingouins sur la banquise qui parlent. Laisse glisser. On a pas le choix. Ou des pingus dans un frigo Kinder.” 

Il a pas tort la robe ça les rends un peu givrés.

On parle de la structure, le pourquoi, les problèmes. Ils sont de plus en plus souriants et nous aussi.

Ils me font de plus en plus sourire ces petits 🐧.

J’arrive pas à dire pourquoi mais ils nous aiment bien.

On doit expliquer ce qu’on fait en dehors de l’événementiel. Je parle du studio de crea photo et vidéo qui est quasiment mort à cause des stagiaires en interne dans des boîtes notamment, et je parle d’Instagram. De vous.

Ils comprenaient pas comment ça pouvait générer de l’argent.

Jai dis bêtement “Plus tu donnes du soleil et de l’amour, plus tu en reçois en retour. Plus les gens sont nombreux plus ça intéresse les marques de placer des produits auprès d’eux et tu peux ainsi devenir un encart pub” même si je n’aime pas ça.

Ils sourient. Me demande le réseau. 

L’un me dit : “oh mais alors qu’elle est votre pseudo moi j’aime suivre les entreprises que j’épaule. Je vais aller voir ça. Oh 174k

 (j’ai pas osé dire qu’il fut un temps où j’ai dépassé les 200K , que depuis un an j’avais énormément perdu d’abonné et de l’influence aussi – on a dit défendre son steak 🥩 hein)

Ils sourient.

C. VERDICT

Vous allez avoir la confiance du tribunal” me dit l’un des juges, avec un tel sourire !

Là il se passe un truc… je sais pas trop quoi, j’ai pas compris, mais on était à deux doigts de prendre un thé tous ensembles. C’était peut être mon laïus sur la bienveillance ou le fait qu’on dépensait plus rien depuis des mois. 

Sans prévenir on a frôlé le coup de foudre collectif.

On aurait dit une hysterie.

Les bachanales c’était pas loin ah ah

Ils me demandent un cours sur insta. Si si. A moi.

Paul explique les tableaux de chiffres que je n’ose même pas regarder. Des plus, des moins, des prévisions. Je les connais mais je les fuis

(ceci explique cela aussi l’argent et moi on est pas amis. Et d’ailleurs heureusement que paul est là). J’aime donner, j’ai du mal à recevoir…. ouai je sais je me prend encore pour miss France mais au fond ça reste un vrai problème que je dois traiter ça. Accepter de parler d’argent, de me faire payer, d’arrêter de faire trop quand y’a pas le budget. D’être trop généreuse.

Les juges disent : “c’est bien vous savez c’est pas rien d’avoir la confiance des juges hein, pour un redressement. C’est positif pour vous. Mais faudra en parler à vos clients, ils doivent être au courant.

Euh… j’ai dis : “bah je crois que tout le monde est au courant car on l’a déjà annoncé sur les réseaux, et on a tout expliqué justement car même si ce sont des abonnés ça restent aussi grâce à eux.”

Le temps passe presque vite avec eux.

Ils font défiler toute ma vie dans leurs doigts à travers des chiffres.

Les bons, les mauvais choix.

Le pire de tous avoir cru qu’on pourrait survivre qu’avec des fonds propres sans avoir de business angel, d’associés étc….

les doux rêveurs qu’on pas fait de commerce et qui bouffent des pâtes pour acheter des lampions.

Pas un mois. Des années.

Choix à la con.

Mais bon tu sais pas, c’est pas vendre qui t’intéresse c’est ta passion.

Et tout vas si vite.

C’est un tourbillon.

On était prêts mais pas prêts aussi.

Les juges disent :” bon et bien on va l’ouvrir cette procédure.

Ils rigolent tu comprends pas trop pourquoi.

On a dû être les bonbons de leurs journées je crois 🐧.

Le procureur rigole et dit “c’est mon tour d’abord.

Ces trucs procéduriers tu les comprends sans les comprendre parfois.

Le procureur énonce ainsi : “mesdames messieurs les juges, je demande donc l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire pour la société NF… blabla si vous l’acceptez ce dossier…. blabla” Le rôle du procureur est de veiller aux intérêts des créanciers, de faire en sorte qu’aucune partie ne soit lesées. Lui aussi on l’a convaincu il faut croire…

Et les juges de rire. Je deconne pas ils ont rit.

Faudra qu’on m’explique.

Paul a du lancer du gaz hilàrant en rentrant auprès des 🐧.

Ils disent qu’ils acceptent.

Évidemment.

Oh bah y’a deux semaines en venant ici on m’a dit qu’on allait nous liquider direct moi ça me paraissait pas si évident bien que kakfkaien encore cette affaire.

Je suis soulagée.

D. LE RETOUR

Mais le sentiment d’échec arrive maintenant. 

On accepte d’avoir un contrôleur judiciaire. 

Un commissaire priseur qui va évaluer tout notre actif au cas où il faudra le vendre aux enchères.

Tout ce que j’ai investit à défaut d’acheter, de partir en we pendant des années. Vendu en lots au plus offrants. 

Bon si la boutique marche et le reste ça n’arrivera pas. 

Je respire. 

Ça n’arrivera pas.

Inspire. 

Expire. 

Putain d’échec de devoir faire contrôler sa vie, ses dépenses, son business par un inconnu. 

Accueille avec calme l’information. 

Tu vas être aidé. Tu vas être épaulée. Et vu que tu vas craquer émotionnellement c’est bien. 

J’accepte. 

On prends les papiers. 

Il est 15h le jugement a été rendu sans nous. On est en redressement c’est validé. 

Avant de fermer la porte, les juges m’ont dit : “restez solaire ça payera toujours.

Je remercie. Je ferme la porte. 

Mes jambes me lâchent. 

J’ai pas compris.

Ainsi même en noire, pas maquillée a défendre bec et ongles mes idees, j’ai su faire sortir le soleil. 

Je comprend pas. 

Je comprend pas. 

Comment c’est possible ?

…. je m’endors. Paul me porte à moitié. 

Je dors jamais. Là je suis là belle au bois dormant mère Noël dans la forêt. Je m’effondre de fatigue. 

Et je me réveille y’a 1h dans le lit.

Et la suite ?

C’est une très bonne question car nous n’en savons rien ! C’est d’ailleurs le coeur de la réaction angoissante que crée ce type de procédure : remettre entre les mains d’un autre décideurs que soit l’avenir de sa société, mais aussi de ses éventuelles dettes sociétales ou personnelles. 

Demain je contacte l’administrateur judiciaire.

#Staytuned 

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11 Comments

  • Très bon article qui résume bien la situation et permet de bien comprendre ce qu’il se passe… Je suis vraiment désolée pour vous, j’espère que ce “premier rendez-vous” se passera bien car vous le méritez vraiment <3
    Des bisous plein d'amour et de courage
    Pauline

    • Merci Pauline pour ce gentil commentaire 🙂
      Je suis content que mes explications t’aies apportées quelques lumières ! Je croise les doigt aussi, peut être qu’avec le juge, ça va “matché” et qu’il va nous permettre de nous protéger pour repartir de plus belle !

  • Il est hors de question que l’on vous coupe les ailes. Vous n’avez pas parcouru tout ce chemin pour rien. Je ne vous laisserai pas tomber. Je vous aime trop.

    • Ooooh merci Myriam ! Ça me touche énormément que tu nous laisses ce commentaire ! Je vais le dire à Amélia, ça lui mette au aussi beaucoup de baume au coeur… A priori on a réussi à séduire et convaincre les 3 juges et le procureur. L’aventure n’est donc pas encore fini !

  • Plein de courage a tous les 2. Je connais ce que vous vivez, j’ai du dire adieu a ma société de photo / video pour les memes raisons… soyez forts, votre talent est toujours aussi puissant

    • Oh je suis désolé pour toi Déborah ! Merci pour ton commentaire, j’espère que tu as pu t’en remettre car en vrai, la vie d’entrepreneur passe OBLIGATOIREMENT par plusieurs société… J’ai mis longtemps à le comprendre mais je commence à l’admettre !

  • Courage à vous 2 ! Vous méritez de réussir et de vous sortir de toutes ces merdes.
    Il y a peut-être quelque chose de positif dans tout ça, c’est que vous allez être accompagnés et conseillés (de ce que j’ai compris), pour éviter un nouveau problème.
    Mais je comprends que ce soit épuisant et stressant à vivre, surtout de ne pas savoir si ça va marcher.
    J’y crois, je croise les doigts pour vous car vous le méritez et vous travaillez énormément.

    Je vous embrasse,

    Manon

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